PIERRE LORRAIN

Journaliste - écrivain - spécialiste de la Russie

mardi 14 septembre 2010

Vladimir Poutine est-il en campagne ?

Lors de sa dernière rencontre en date avec les membres du Club de Valdaï, le 6 septembre, Vladimir Poutine a lancé l'une de ces métaphores dont il a le secret. En constatant que le président américain Franklin D. Roosevelt effectua, entre 1933 et 1945, quatre mandats consécutifs à la présidence des États-Unis, il a aussitôt enflammé la fibre spéculative des commentateurs sur le thème : Poutine veut égaler Roosevelt.

Après son action très médiatique — et médiatisée — durant les dramatiques incendies de forêt qui ont endeuillé la Russie, cet été, l'idée que Poutine est déjà en campagne semble s'imposer. Évidemment, comme toujours lorsqu'il s'agit de la politique russe, les choses ne sont pas aussi évidentes : Medvedev reste un candidat tout aussi crédible, comme le prouve son attitude dans l'affaire de la forêt de Khimki.

Fausses perspectives

Étude de textes

Logo du Valdai Discussion ClubReplaçons d'abord la déclaration poutinienne dans son contexte. Le Club international de discussion de Valdaï est un groupe international d'experts des problèmes russes qui se réunit une fois par an en Russie pour rencontrer les plus hautes personnalités de la Fédération de Russie, notamment Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev. Cette année, la 7e rencontre annuelle se tenait à Sotchi.

Le Premier ministre s'est prêté au rituel des questions réponses avec son franc-parler et sa causticité habituels. Le texte intégral est disponible sur le site du gouvernement russe (en russe et en anglais). C'est en réponse à une question de Samuel Charap, directeur adjoint du Center for American Progress, à Washington, que Poutine a tenu les propos incriminés. Voici la traduction de l'échange :

S. Charap : Vladimir Vladimirovitch, supposons qu'à la fin de l'année 2011, comme vous l'avez dit l'année dernière, vous vous asseyiez autour d'une table avec le président Medvedev et que vous décidiez que ce serait vous qui vous présenteriez aux suffrages. Supposons que vous remportiez ensuite la majorité des voix. Voyez-vous dans une telle relève, un quelconque préjudice pour le développement du système politique russe ? Merci.

V. V. Poutine : En son temps, le président des États-Unis Roosevelt a été élu quatre fois d'affilée. D'affilée ! Parce que cela ne contredisait pas la Constitution américaine. Ni le président Medvedev ni moi ne ferons jamais rien qui irait à l'encontre de la législation russe et de la Loi fondamentale du pays, la Constitution de la Fédération de Russie.

Cette Constitution a été adoptée par voie démocratique et je crois qu'aucune action dans ce processus et dans le cadre de la Loi fondamentale ne peut être préjudiciable au développement du processus démocratique dansle pays.

Quant à ce que nous allons faire fin 2011 ou au début 2012, nous l'avons déjà déclaré à plusieurs reprises, le président Medvedev et moi : nous agirons en fonction de la situation réelle du pays. De ce que nous avons accompli, de l'attitude de la société. Il est encore tôt pour parler de cela. Il faut faire son travail — chacun de nous fait son travail. À mon avis, nous travaillons généralement de manière efficace. Et c'est très important.

Bien.Poursuivons. S'il vous plaît.

Comme on peut le constater, l'allusion à Roosevelt était destinée à répondre à une question perçue comme perfide : sous une apparence polie, Charap lui demandait en substance si le fait de revenir à la présidence pour un troisième mandat ne présentait pas un risque pour la démocratie. La réponse : pas plus que les quatre mandats successifs de Franklin Roosevelt n'ont posé de problème à la démocratie américaine, puisqu'ils étaient constitutionnels.

Poutine renvoie souvent des références à l'histoire du pays de son interlocuteur. Au cours de cette même réunion de Sotchi, juste avant la question de Charap, il répondait de cette manière à Richard Beeston, journaliste du Times de Londres, qui lui demandait s'il n'était pas temps de retirer la momie de Lénine du Mausolée de la Belle place, de manière à aider la Russie à tourner la page du communisme :

V. V. Poutine : Vous êtes de Grande-Bretagne ?

R. Beeston Oui.

V. V. Poutine : J'ai une question à vous poser. [Olivier] Cromwell était-il meilleur ou pire que Staline ?

R. Beeston Sans doute était-il sensiblement pareil. Mais il n'est pas inhumé à Trafalgar Square, mais quelque part à Westminster, bien au fond.

V. V. Poutine : Mais il y a des monuments en son honneur en Grande-Bretagne. Chaque chose en son temps. Le temps viendra où le peuple russe décidera ce qu'il convient de faire. L'histoire n'a pas besoin de remue-ménage. Poursuivons, s'il vous plaît.

Notons en passant que personne, à notre connaissance, n'a tiré de cette évocation l'idée que Poutine voulait s'inspirer de Cromwell pour devenir une sorte de Lord Protecteur de la Russie !

Images de campagne

Vladimir Poutine avec les participants pendant 7ème meeting du Valdai International Discussion Club à SochiEn revanche, pendant tout le mois d'août, de nombreux observateurs ont scruté à la loupe la gestion des incendies par le Premier ministre l'idée pour en déduire qu'il était déjà en campagne. Il est vrai que lorsque l'on voit un homme politique occidental retrousser ses manches devant les caméras, c'est toujours ce que l'on suppose. Cependant, comme nous allons le voir, transposer cette même idée à la Russie ne présente guère d'intérêt. Pas plus, d'ailleurs, que les spéculations sur les éventuelles conséquences électorales pour Medvedev et Poutine de la gestion des incendies dans la perspective des présidentielles.

Il est indéniable que la manière dont les autorités ont géré la crise des incendies de forêt, notamment au niveau régional et local, ne manquera pas d'avoir des répercussions électorales, mais seulement… au niveau régional et local. Lors de prochaines élections régionales, en octobre, une partie des électeurs mécontents peut très bien se détourner de Russie unie et le risque pour le parti du pouvoir de perdre quelques régions existe vraiment. Il est déjà arrivé au cours des précédents scrutins que les candidats soutenus par Russie unie et pratiquement garantis de la victoire finissent par perdre contre des adversaires localement plus populaires.

En revanche, pour la présidentielle, le candidat du pouvoir — que ce soit Poutine ou Medvedev — ne court strictement aucun risque : il n'existe face à eux aucun candidat réellement crédible. Même si leur cote de popularité tombait de quelques points (ce qui ne s'est pas produit), ils sont assurés, l'un ou l'autre, d'une victoire aussi aisée qu'en 2004 ou en 2008. Il n'y a même pas besoin de tricher. La situation politique en Russie est telle que le candidat susceptible de figurer dans un éventuel second tour appartiendra quasi obligatoirement au Parti libéral démocrate de Russie de Vladimir Jirinovski (parti qui, rappelons-le, n'est ni libéral ni démocrate, mais populiste et nationaliste) ou au Parti communiste de la Fédération de Russie de Guennadi Ziouganov. Le positionnement politique de ces candidats rend difficile une entente en vue d'un second tour, d'autant que Jirinovski passe depuis longtemps pour un allié caché du pouvoir. Quant aux éventuels candidats de l'opposition démocratique ou libérale, comme Mikhaïl KassianovBoris Nemtsov ou, plus improbable, Garry Kasparov, ils sont plus populaires dans les pays occidentaux qu'en Russie où ils n'ont pratiquement aucune chance d'obtenir un résultat électoral significatif.

Nous sentons poindre la question : Si Poutine n'est pas en campagne, à quoi bon se donner en spectacle sur le front des incendies, au risque d'ailleurs de se prendre quelques invectives de citoyennes mécontentes sur le coin de la figure ? La réponse est simple : il a fait ce qu'il sait très bien faire, gérer médiatiquement la crise en démontrant que le gouvernement agissait. En août 2000, lors du naufrage du sous-marin K-141, le Koursk, il lui avait été reproché d'avoir tardé à réagir et de ne pas avoir interrompu tout de suite ses vacances. Il en a tiré les enseignements et n'a pas commis, depuis, la même erreur. Cependant, il ne faut pas sous-estimer les inconvénients d'apparaître ainsi en première ligne : s'il soigne son image de marque, il prend aussi le risque d'apparaître comme l'un des principaux responsables de la catastrophe.

Quelles sont les véritables intentions de Poutine ?

Bien malin celui qui peut le dire. Poutine s'est toujoursefforcé de surprendre les observateurs et de ne jamais faire ce qu'on attendait de lui. En revanche, si ce qu'il ne dit pas reste un mystère, il a toujours fait ce qu'il a dit. Voici deux exemples, un pour chacun de ces comportements.

Mikhaïl FradkovLe 24 février 2004, trois semaines avant l'élection présidentielle à laquelle il était candidat pour un second mandat, il démit brutalement de ses fonctions Mikhaïl Kassianov, son Premier ministre, et annonça pour mars la nomination d'un nouveau chef du gouvernement. Le doute sur l'identité de son successeur dura quinze jours. On attendait un poids lourd de la politique russe, comme Alexeï Koudrine qui occupait déjà le poste de ministre des Finances, ou Sergueï Ivanov, alors ministre de la Défense. Notons en passant que le clivage entre les membres du groupe des « libéraux » de Saint-Pétersbourg et les « siloviki » de la garde rapprochée poutinienne, que représentaient respectivement chacune de ces deux personnalités, était déjà bien réel. Tandis que l'ensemble de la classe politique et des médias, russes et étrangers, se perdaient en conjectures, Poutine garda un silence jaloux jusqu'au 5 mars, lorsqu'il sortit de son chapeau un candidat que personne n'attendait. Personne. Pas même l'intéressé lui même : Mikhaïl Fradkov, un ancien ministre du Commerce extérieur et ancien chef de la police fiscale qui était alors représentant de la Fédération de Russie auprès de l'Union européenne, à Bruxelles.

Le deuxième exemple est plus récent. Dans le courant de son deuxième mandat, Poutine expliqua clairement, à de nombreuses reprises, qu'il se plierait à la Constitution qui lui interdisait d'en briguer un troisième. Il ne chercherait donc pas à l'amender pour pouvoir rester au Kremlin, comme l'y incitaient nombre de ses proches. En revanche, le 1er octobre 2007, au VIIIe congrès de Russie unie, il répondit aux souhaits des délégués qui le pressaient de rester au sommet du pouvoir en prenant le poste de Premier ministre, en déclarant qu'il s'agissait là d'une possibilité « réaliste ». Tellement réaliste qu'elle devint réelle quelques mois plus tard, après l'élection de Medvedev qui avait pris bien soin de préciser dès sa nomination comme candidat par une coalition de partis où Russie unie jouait le premier rôle que, s'il était élu, il prendrait Vladimir Vladimirovitch Poutine comme Premier ministre.

Ainsi, Poutine surprend toujours lorsqu'il se tait car ses décisions sont imprévisibles. Mais même lorsqu'il parle, les observateurs ont toujours tendance à voir des intentions cachées derrière ses paroles, et ils sont toujours surpris lorsqu'il fait simplement ce qu'il dit.

Donc, lorsqu'il explique qu'il se concertera avec Medvedev le moment venu et qu'ils prendront une décision ensemble, on peut le croire. Cette concertation pourra être réelle ou de pure forme, mais elle aura lieu. Elle se bornera peut-être à entériner une décision prise de longue date, mais il est aujourd'hui impossible de dire quelle sera cette décision. Un troisième mandat de Poutine ? Un second de Medvedev ? Comme le suggérait l'actuel Premier ministre dans sa réponse à Samuel Charap, la Constitution russe permet les deux hypothèses. Elles sont donc toutes les deux envisageables. Et il convient de se méfier de l'attitude cynique qui consiste à dire que les jeux sont faits et que l'attrait du pouvoir conduira l'ancien président à briguer deux nouveaux mandats (de six ans, cette fois, en vertu de réforme constitutionnelle de novembre 2008) égalant ainsi le « record » de Franklin Roosevelt.

Et Medvedev dans tout ça ?

Les facteurs du choix futur

Lorsque Poutine explique que la décision sera prise en fonction de la situation réelle du pays, il est fort possible que ce soit vrai. Pour une raison simple : actuellement l'élection présidentielle en Russie apparaît comme une simple formalité. Répétons-le : le candidat du pouvoir, que ce soit Poutine ou Medvedev, est assuré de gagner.

Prenons donc en compte toutes les données de l'équation présidentielle :

1. Il n'y a pas d'enjeu électoral.

2. Le tandem formé par les deux hommes fonctionne (dumoins jusqu'à présent).

3. Ils semblent d'accord sur la politique à suivre.

4. Poutine ne semble pas avoir de problèmes d'ego : il a accepté de devenir Premier ministre après avoir été président, alors qu'il lui aurait été facile, à l'époque, de changer la Constitution pour ôter l'entrave des deux mandats successifs, ce qui aurait évité bien des problèmes. Si son véritable objectif était de retourner au Kremlin, il aurait été plus simple de ne pas le quitter.

À ces quatre données, il faut ajouter une certaine logique dans la politique suivie. Poutine a consacré les huit années de sa présidence à mettre en œuvre une tâche qui non seulement lui tenait à cœur, mais qui était nécessaire après la pagaille de l'ère Eltsine : restaurer le pouvoir de l'État (ce qu'il a appelé la « verticale du pouvoir »). On peut contester les méthodes employées, il est en revanche difficile de prétendre — surtout pour les jacobins invétérés que sont la plupart des Français et la quasi totalité des nostalgiques de l'ancienne URSS — que l'objectif n'était pas légitime.

Après la phase de restauration d'un État à peu près digne de ce nom, Poutine a passé le flambeau du pouvoir (certes, contraint et forcé par la Loi fondamentale) à Medvedev pour mener à bien le second volet du projet politique commun : la modernisation de l'État recréé et de l'économie sans laquelle il ne saurait perdurer.

La véritable question est de savoir si, en 2012, Medvedev disposera de six années supplémentaires pour poursuivre la tâche à laquelle il a lié son nom et pour l'accomplissement de laquelle il dispose d'atouts importants, notamment en termes d'image et de crédibilité internationales (voir notre précédent article), ce qui n'est pas le cas de Poutine.

En tout cas, l'image donnée par le tandem au pouvoir lors de la crise des incendies de forêt s'est voulue exemplaire : chacun à sa place. Le Premier ministre hyperactif, partout sur le terrain et, fidèle à son habitude, montrant l'étendue de ses talents en pilotant un bombardier d'eau, n'en rapportait pas moins son action devant les caméras de télévision au président Medvedev, en lui manifestant un respect ostensible : le président commande et son ministre exécuté, ce qui semble logique pour deux hommes qui affirment en permanence leur respect de la Constitution.

L'affaire de la forêt de Khimki et l'indépendance de Medvedev

Mais Medvedev ne reste pas cantonné à un rôle d'apparat et de faire-valoir de son Premier ministre. En témoigne une décision qui a pris de court l'ensemble du monde politique russe : celle de geler provisoirement le chantier de la forêt de Khimki.

Résumons l'affaire : la construction de la future autoroute Moscou-Saint-Pétersbourg au travers d'une forêt protégée, à Khimki, au nord de Moscou, non loin de l'aéroport de Cheremetievo, soulève l'indignation d'une partie des habitants du district et des défenseurs de l'environnement qui tentaient depuis plusieurs mois de s'opposer au projet. Sans grand succès jusqu'au mois d'août dernier.

Affiche russe alertant sur les risques d'incendies pendant la canicule d'août 2010Sans doute dopée par les incendies de forêt qui ont sensibilisé une partie des Moscovites, une manifestation « concert » organisée le 22 août à réuni près de trois mille personnes sur la place Pouchkine, là où de tels rassemblent ne dépassent que rarement une ou deux centaines. Même les organisateurs, Evguenia Tchirikova (qui dirige le collectif pour

préserver la forêt de Khimki) et le chanteur rock Iouri Chevtchouk ne s'attendaient ni à un tel succès, ni à la décision prise par Medvedev, le 26 août, de suspendre les travaux en l'attente d'une discussion publique (texte en russe et en anglais).

Ce geste de Medvedev est d'autant plus curieux qu'il contredit la position du gouvernement russe que Dmitri Peskov, le porte-parole de Poutine, affirmait encore fin juillet : la construction se poursuivrait selon le tracé fixé. Pour compliquer les choses, les travaux (qui représentent un investissement de 8 milliards de dollars), sont conduits par des entrepreneurs réputés « proches » de Poutine, les frères Arkadi et Boris Rotenberg (Arkadi est un vieil ami du Premier ministre : ils ont fait du judo ensemble dans leur jeunesse).

Plus surprenant encore, la décision de Medvedev a suivi une déclaration publique de Boris Gryzlov, président de la Douma d'État, qui s'exprimait en tant que chef de file du parti Russie unie en demandant au président d'« examiner » la situation dans la forêt de Khimki. Or, le patron de Russie unie n'est autre que… Vladimir Poutine. Dans les cercles politiques moscovites, on murmure que Medvedev avait déjà pris sa décision et Gryzlov a fait en sorte d'apparaître à l'origine du mouvement de manière à renforcer les positions de son parti à l'approche des élections régionales en octobre et des législatives qui auront lieu l'année prochaine.

Cette action de Medvedev a, bien entendu, soulevé des questions sur les relations entre les deux têtes de l'exécutif : après tout, le président russe a censuré (certes provisoirement) une décision prise par le gouvernement de Poutine. Cela ne signifie pas pour autant l'apparition d'une véritable rivalité entre les deux hommes. La question de la forêt de Khimki est trop locale et marginale pour être un révélateur de désaccords plus profonds. Même l'aspect financier que certains observateurs avancent (l'arrêt des travaux créerait des difficultés aux frères Rotenberg) n'est pas significatif car un nouveau tracé qui contournerait la forêt impliquerait une rallonge financière et permettrait le retour des investissements de la BERD, la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, qui s'était retirée du projet à la suite des critiques portées par les défenseurs de l'environnement.

Logo de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le DéveloppementEn revanche, l'affaire constitue une confirmation de la tendance apparue au cours des derniers mois : le véritable centre de décision de la politique russe semble se trouver au Kremlin et non au gouvernement et c'est Medvedev qui prend les décisions politiques dans le cadre de sa politique de « modernisation ». Et dans cette affaire, il a, pour la première fois, adopté le parti de la « société civile » contre le gouvernement.

Il est probable qu'il a agi avec l'approbation de Poutine dans le cadre d'un partage des tâches décidé avant la dernière élection présidentielle. Mais il n'en reste pas moins que cette montée en puissance du président, avec les pouvoirs que lui donne la Constitution, crédibilise l'hypothèse de son maintien pour un second mandat en 2012.

Précisons encore que si la décision inhabituelle de Medvedev de céder devant la « société civile » ne constitue pas la preuve d'une rivalité naissante entre lui et Poutine, elle semble révéler, en revanche, un plus net clivage entre les partisans de la « modernité » et ceux qui, au sein du gouvernement, sont restés attachés à la « verticale du pouvoir ». Plus qu'un problème entre le président et son premierministre, l'affaire de Khimki est sans doute une manifestation d'une lutte souterraineentre les équipes des anciens « siloviki »et des modernes « civilniki ».

Quant à savoir qui sera candidat, autant chercher à le lire dans le marc de café…

 

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