PIERRE LORRAIN

Journaliste - écrivain - spécialiste de la Russie

« De San Francisco à New York, des centaines de personnes se sont réunies pour le deuxième jour de suite, jeudi, afin de protester contre l’élection du magnat de l’immobilier » (Le Monde, 11 novembre 2016)

Finalement, on peut légitimement se poser la question : à quoi servent les élections si le candidat de l’union du peuple entier n’est même pas élu ? C’est tout de même une honte ! Hillary Clinton avait été choisie par la presque totalité des milieux politiques (démocrates, bien sûr, mais aussi tacitement une bonne partie des républicains), par les banques et les milieux financiers, par les classes supérieures, par les médias, par les « intellectuels », par le show-business, par l’immense majorité des artistes engagés et non engagés[1], de Hollywood à Sundance, par les écologistes, par les étudiants, par les antimondialistes, par les mondialistes, sans oublier la plupart des gouvernements occidentaux et – curieusement – leur opposition aussi.

mercredi, 23 mars 2011 01:00

Le grand écart de la Russie

La crise libyenne est devenue le révélateur de tensions au sommet du pouvoir en Russie. Une certaine schizophrénie semble régner au plus niveau de l’État : les paroles du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères sont contredites par les actes du président. Enjeu : la place de la Russie dans le monde et les relations avec l’Occident.

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Protestations japonaises, rappel de l'ambassadeur nippon en Russie : il y a un mois, le 1er novembre, la visite éclair de Dmitri Medvedev à Kounachir (国後島, Kunashiri en japonais), la première d'un président russe sur les îles contestées de l'archipel des Kouriles, créait un incident diplomatique qui aurait pu être évité. Mais en agissant ainsi, on sait aujourd’hui que ce n'était pas tant le territoire de la Fédération de Russie que le président russe voulait marquer, mais plutôt celui de la politique russe, à Moscou.

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L’évolution de la politique extérieure russe depuis l’arrivée de Dmitri Medvedev au Kremlin n’est pas un phénomène de circonstance, mais une tendance forte et à long terme, fondée sur un programme élaboré depuis des mois par le ministère des Affaires étrangères.

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Un nouveau traité de réduction des arsenaux stratégiques des États-Unis et de la Russie a été signé à Prague le 8 avril dernier, par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev. Il permet à chacun des deux pays de faire des économies substantielles en réduisant les coûts de maintenance de leurs arsenaux nucléaires respectifs. Il prévoit, en effet, une réduction de 30 % du potentiel stratégique des deux puissances qui ne doivent garder chacune que 1 550 ogives et 800 vecteurs au maximum. Aux termes des précédents traités (START de 1991 et SORT de 2002) le plafond était de 2 200 ogives opérationnelles déployées.

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