PIERRE LORRAIN

Journaliste - écrivain - spécialiste de la Russie

Filtrer les éléments par date : mars 2019

Scandale : le 20 mars, dans une interview au quotidien politique américain The Hill, le procureur général d’Ukraine Iouri Loutsenko (1964-) a accusé l’ambassadeur des États-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch (1958-) de lui avoir communiqué, lors de son entrée en fonction, une liste de personnes contre lesquelles il ne devait pas engager de poursuites. Preuve de l’ingérence de Washington ? Le Département d’État dément fermement l’existence d’une telle liste, mais l’affaire reste trouble.

Surprise : alors qu’on la disait en perte de vitesse, Ioulia Tymochenko (1960-), l’ancien Premier ministre, semble revenir dans la course pour la présidentielle du 31 mars prochain. Selon un sondage réalisé pendant la deuxième semaine de mars, elle obtiendrait 18,8 % des intentions de vote si l’élection avait lieu maintenant, contre 17,4 % pour le président sortant, Petro Porochenko (1965-). En revanche, l’acteur Volodymyr Zelensky (1978-) serait toujours en tête avec 24,9 %  (Interfax-Ukraine, 19 mars 2019).

Assez loin derrière ces trois personnalités, viennent deux autres candidats. Le quatrième, Iouri Boïko (1958-), ancien ministre, obtiendrait 10,2 %. Il est le chef du Bloc d’opposition, pro-russe, qui s’est uni en novembre dernier avec la formation « Pour la vie » de manière à former le parti « Plateforme d’opposition – Pour la vie » en vue de l’élection présidentielle.

Qui sera le prochain président ukrainien ? Petro Porochenko (1965-), le titulaire, va-t-il rempiler pour un nouveau mandant de cinq ans ? Ou bien Ioulia Tymochenko (1960-), l’ancien Premier ministre, parviendra-t-elle enfin au poste tant convoité ?

Les sondages les donnaient jusqu’à il y a peu au coude à coude aux alentours de 16 ou 17 %, mais Porochenko prend un peu d’avance sur sa rivale (20 % contre 13 %). Néanmoins, ils demeurent derrière un autre candidat, peu connu internationalement jusqu’à la toute fin de l’année dernière et qui l’emporterait largement si l’élection devait avoir lieu aujourd’hui : Volodymyr Zelensky (1978-), homme de spectacle, à la fois acteur, producteur, réalisateur et scénariste, mène la danse avec quelque 24 % des intentions de vote.

Comme il est peu probable que l’un de ces trois candidats – ou des 36 autres dont la plupart ne dépassent pas 2 % – l’emporte au premier tour de l’élection, le 31 mars, un deuxième tour organisé le 21 avril opposera, comme en France, les deux candidats arrivés en tête.

Selon le dernier sondage en date, dont le journal Novoïe Vremia rend compte le 16 mars, Zelensky l’emporterait face à Porochenko (par 52 % contre 44 %), et par un écart plus grand face à Tymochenko (55 % contre 41 %[1]).

Plusieurs milliers de militants ukrainiens d’une organisation d’extrême droite ultranationaliste appelée Natsionalni Droujyny (« les Milices[1] nationales ») ont marché silencieusement dans le centre de Kiev, le 2 mars 2019, pour célébrer le premier anniversaire de sa création.

Cette formation, dont le but officiel est d’assister les forces de maintien de l’ordre dans les villes ukrainiennes, est la composante paramilitaire d’un parti, le Natsionalnyï korpous (« Corps national »). Il est issu de Patriot Oukraïny (« Patriote d’Ukraine »), l’un des groupes à l’idéologie ouvertement néo-nazie qui composèrent le Pravy sektor (« Secteur droit ») lors des événements de l’EuroMaïdan en 2014.

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