PIERRE LORRAIN

Journaliste - écrivain - spécialiste de la Russie

Comme les sondages l’avaient prédit, l’acteur et producteur Volodymyr Zelensky – que la presse française se complaît à désigner sous les termes de « clown » ou de « bouffon » – est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle ukrainienne, ce dimanche.

Après dépouillement de plus de la moitié des bulletins, il obtiendrait 30,20 % contre 16,64 % au président sortant Petro Porochenko. Quant à Ioulia Tymochenko, elle dépasserait à peine les 13 %. Cela signifie que, à lui seul, il a engrangé autant de voix que Porochenko et Tymochenko réunis. Quant à la participation, elle est de 63,5 %, supérieure à celle de la présidentielle de 2014 (59,8 %).

Qui sera le prochain président ukrainien ? Petro Porochenko (1965-), le titulaire, va-t-il rempiler pour un nouveau mandant de cinq ans ? Ou bien Ioulia Tymochenko (1960-), l’ancien Premier ministre, parviendra-t-elle enfin au poste tant convoité ?

Les sondages les donnaient jusqu’à il y a peu au coude à coude aux alentours de 16 ou 17 %, mais Porochenko prend un peu d’avance sur sa rivale (20 % contre 13 %). Néanmoins, ils demeurent derrière un autre candidat, peu connu internationalement jusqu’à la toute fin de l’année dernière et qui l’emporterait largement si l’élection devait avoir lieu aujourd’hui : Volodymyr Zelensky (1978-), homme de spectacle, à la fois acteur, producteur, réalisateur et scénariste, mène la danse avec quelque 24 % des intentions de vote.

Comme il est peu probable que l’un de ces trois candidats – ou des 36 autres dont la plupart ne dépassent pas 2 % – l’emporte au premier tour de l’élection, le 31 mars, un deuxième tour organisé le 21 avril opposera, comme en France, les deux candidats arrivés en tête.

Selon le dernier sondage en date, dont le journal Novoïe Vremia rend compte le 16 mars, Zelensky l’emporterait face à Porochenko (par 52 % contre 44 %), et par un écart plus grand face à Tymochenko (55 % contre 41 %[1]).

Qu’est-ce qu’un oligarque ?

Depuis plusieurs jours, une « affaire russe » apparaît dans les rebondissements rocambolesques du feuilleton dont Alexandre Benalla, l’ancien « conseiller » et garde du corps du chef de l’État français, est le protagoniste. Aux États-Unis, des liens quelconques – même anodins ou fortuits – entre des Russes et un « proche » du président Donald Trump peuvent servir à la presse à jeter un doute sur les agissements de ce dernier et alimenter l’enquête du procureur spécial Robert Mueller. La France n’en est pas encore arrivée à ce point, mais elle semble bien s’en rapprocher.

L’« affaire russe » de M. Benalla et de son acolyte, le gendarme de réserve Vincent Crase, autre ancien collaborateur de l’Élysée, consiste en un contrat de protection liant ces personnes, par l’intermédiaire de sociétés de sécurité détenues ou gérées par eux, à deux hommes d’affaires russes, Iskandar Makhmoudov et Farkhad Akhmedov, présentés par la presse comme des « oligarques proches de Poutine ».

« De San Francisco à New York, des centaines de personnes se sont réunies pour le deuxième jour de suite, jeudi, afin de protester contre l’élection du magnat de l’immobilier » (Le Monde, 11 novembre 2016)

Finalement, on peut légitimement se poser la question : à quoi servent les élections si le candidat de l’union du peuple entier n’est même pas élu ? C’est tout de même une honte ! Hillary Clinton avait été choisie par la presque totalité des milieux politiques (démocrates, bien sûr, mais aussi tacitement une bonne partie des républicains), par les banques et les milieux financiers, par les classes supérieures, par les médias, par les « intellectuels », par le show-business, par l’immense majorité des artistes engagés et non engagés[1], de Hollywood à Sundance, par les écologistes, par les étudiants, par les antimondialistes, par les mondialistes, sans oublier la plupart des gouvernements occidentaux et – curieusement – leur opposition aussi.

mercredi, 23 mars 2011 01:00

Le grand écart de la Russie

La crise libyenne est devenue le révélateur de tensions au sommet du pouvoir en Russie. Une certaine schizophrénie semble régner au plus niveau de l’État : les paroles du Premier ministre et du ministère des Affaires étrangères sont contredites par les actes du président. Enjeu : la place de la Russie dans le monde et les relations avec l’Occident.

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Protestations japonaises, rappel de l'ambassadeur nippon en Russie : il y a un mois, le 1er novembre, la visite éclair de Dmitri Medvedev à Kounachir (国後島, Kunashiri en japonais), la première d'un président russe sur les îles contestées de l'archipel des Kouriles, créait un incident diplomatique qui aurait pu être évité. Mais en agissant ainsi, on sait aujourd’hui que ce n'était pas tant le territoire de la Fédération de Russie que le président russe voulait marquer, mais plutôt celui de la politique russe, à Moscou.

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L’évolution de la politique extérieure russe depuis l’arrivée de Dmitri Medvedev au Kremlin n’est pas un phénomène de circonstance, mais une tendance forte et à long terme, fondée sur un programme élaboré depuis des mois par le ministère des Affaires étrangères.

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Un nouveau traité de réduction des arsenaux stratégiques des États-Unis et de la Russie a été signé à Prague le 8 avril dernier, par les présidents Barack Obama et Dmitri Medvedev. Il permet à chacun des deux pays de faire des économies substantielles en réduisant les coûts de maintenance de leurs arsenaux nucléaires respectifs. Il prévoit, en effet, une réduction de 30 % du potentiel stratégique des deux puissances qui ne doivent garder chacune que 1 550 ogives et 800 vecteurs au maximum. Aux termes des précédents traités (START de 1991 et SORT de 2002) le plafond était de 2 200 ogives opérationnelles déployées.

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