PIERRE LORRAIN

Journaliste - écrivain - spécialiste de la Russie

Filtrer les éléments par date : mai 2019

On dit que le dirigeant chinois Deng Xiaping (1904-1997) aimait à rappeler une malédiction consistant à souhaiter à son ennemi de « vivre des temps intéressants ». Il semblerait que, pour beaucoup en Ukraine, l’époque intéressante vienne d’arriver.

La bataille légale pour la formation de la nouvelle Verkhovna Rada a commencé dès la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 3 mai. Rappelons que le Parlement actuel, élu pour cinq ans en octobre 2014, devait clore ses travaux le 27 novembre prochain et que les élections législatives pour son renouvellement étaient fixées au 27 octobre prochain. Comme nous l’indiquions dans un précédent article, le président élu, Volodymyr Zelensky (1978-), avait la possibilité de dissoudre la chambre à la seule condition d’entrer en fonction avant le 27 mai. En effet, la Constitution interdit toute dissolution dans les six mois qui précédent la fin de la législature. Or c’est la Rada qui fixe la date de l’investiture qui doit intervenir dans les 30 jours suivant la proclamation des résultats.

Certains parlementaires tentèrent de mener un combat d’arrière-garde pour retarder la cérémonie d’inauguration après la date fatidique, en s’imaginant que, plus la campagne pour les législatives serait longue, plus ils auraient la possibilité de mettre en difficulté le nouveau président et de renverser la tendance des urnes.

La bataille sur la date d’inauguration du nouveau président prouve que les manœuvres politiques « à l’ancienne » se poursuivent en dépit des risques économiques pour le pays.

Alors que le président ukrainien élu, Volodymyr Zelensky (1978-), se prépare à sa prise de fonctions qui devrait intervenir au plus tard le 2 juin, de bien curieuses manœuvres se déroulent dans les coulisses pour retarder son inauguration.

D’abord, la Commission électorale centrale a mis quelques jours de plus que nécessaire pour annoncer les résultats définitifs du 2e tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu le 21 avril dernier. Cela a été chose faite le 3 mai. Or, la loi prévoit que l’entrée en fonction du nouveau chef de l’État doit se faire dans les 30 jours suivant la proclamation du résultat. Alors que les dates avancées dans les milieux proches de la présidence sortante et de l’actuel gouvernement étaient le 28 ou le 30 mai, Zelensky avait affiché sa préférence pour le 19 mai.