« Non le contentement, mais encore de la puissance ; non la paix avant tout, mais la guerre ; non la vertu, mais la valeur — vertu dans le style de la Renaissance, virtù, vertu dépourvue de moraline », Friedrich Nietzsche, Der Antichrist (1896).
Dans les « temps intéressants[1] » que nous vivons, l’actualité dépasse rapidement ce que l’on pouvait imaginer de pire. Il y a un peu plus d’un an, nous consacrions un article à l’évolution de la société allemande depuis la Seconde Guerre mondiale en nous inspirant de la théorie du balancier intergénérationnel, issue des travaux du sociologue Karl Mannheim. En substance, les enfants s’opposent aux valeurs de leurs parents, tandis que la troisième génération rétablit un équilibre en revenant partiellement aux valeurs de la première sous une forme adaptée. En Allemagne, le problème est que l’immense majorité de ces grands-parents ont baigné jusqu’au cou dans le régime nazi, par conformisme, par suivisme ou par adhésion réelle.