Ukraine : À trois semaines des élections législatives, la situation s’éclaircit

Ukraine : À trois semaines des élections législatives, la situation s’éclaircit

Le 20 juin, la Cour constitutionnelle a déclaré le décret de dissolution de la Verkhovna Rada signé par le président Volodymyr Zelensky conforme à la Loi fondamentale. Les élections anticipées sont donc confirmées et auront bien lieu le 21 juillet prochain.

L’opposition systématique du Parlement sortant au nouveau président est donc proche de son terme. D’ailleurs, les députés sont trop occupés à faire campagne pour sauver leur siège et n’ont plus réellement le temps de se livrer à des combats d’arrière-garde. C’était justement le 20 juin, la date limite pour l’enregistrement des candidatures. Ainsi, on sait désormais qui se présentera devant les électeurs dans chacune des 198 circonscriptions électorales du pays (normalement elles s’élèvent à 225, mais l’élection n’est pas organisée dans les districts situés en Crimée et dans les régions du Donbass contrôlées par les autonomistes).

Ukraine : Une époque intéressante…

Ukraine : Une époque intéressante…

On dit que le dirigeant chinois Deng Xiaping (1904-1997) aimait à rappeler une malédiction consistant à souhaiter à son ennemi de « vivre des temps intéressants ». Il semblerait que, pour beaucoup en Ukraine, l’époque intéressante vienne d’arriver.

La bataille légale pour la formation de la nouvelle Verkhovna Rada a commencé dès la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le 3 mai. Rappelons que le Parlement actuel, élu pour cinq ans en octobre 2014, devait clore ses travaux le 27 novembre prochain et que les élections législatives pour son renouvellement étaient fixées au 27 octobre. Comme nous l’indiquions dans un précédent article, le président élu, Volodymyr Zelensky (1978-), avait la possibilité de dissoudre la chambre à la seule condition d’entrer en fonction avant le 27 mai. En effet, la Constitution interdit toute dissolution dans les six mois qui précédent la fin de la législature. Or c’est la Rada qui fixe la date de l’investiture qui doit intervenir dans les 30 jours suivant la proclamation des résultats.

Certains parlementaires tentèrent de mener un combat d’arrière-garde pour retarder la cérémonie d’inauguration après la date fatidique, en s’imaginant que, plus la campagne pour les législatives serait longue, plus ils auraient la possibilité de mettre en difficulté le nouveau président et de renverser la tendance des urnes.

Pourquoi les États-Unis se retirent-ils de l’INF?

Pourquoi les États-Unis se retirent-ils de l’INF?

On dit que c’est avec les lumières du passé que l’on progresse dans les ténèbres de l’avenir. Il est donc difficile de répondre à cette question sans en poser une autre, en retour : qui se souvient de la crise des « euromissiles » qui remonte à l’époque de la guerre froide ?

Voici l’histoire, en quelques mots : à partir de 1977, les Soviétiques déployèrent sur le théâtre européen les missiles RSD-10 Pionnier (mieux connus sous le code OTAN de SS-20). Ils étaient dotés de trois têtes de rentrée indépendantes d’une portée de 4 700 km et d’une grande précision. Ces caractéristiques les rendaient capables de détruire les infrastructures militaires de l’Europe occidentale, mais pas d’atteindre les États-Unis. Ils constituaient donc une arme nucléaire susceptible de détruire le dispositif de défense de l’OTAN en prélude à une attaque conventionnelle des forces du Pacte de Varsovie. De ce fait, ils mettaient à mal le principe américain de « riposte graduée » et introduisaient un risque de « découplage » des défenses de part et d’autre de l’Atlantique. Les États-Unis seraient-ils décidés à engager une guerre nucléaire totale en ripostant avec leurs missiles balistiques intercontinentaux à l’emploi par les Soviétiques d’armes nucléaires incapables d’atteindre le « sanctuaire » américain ?

PIERRE LORRAIN

Journaliste, écrivain - spécialiste de la Russie et de l'ex-Union Soviétique