La presse américaine est nettement moins conformiste que la française, même si les principaux journaux du pays comme le New York Times, le Los Angeles Times ou le Washington Post restent alignés sur les narratifs de la Maison Blanche, en particulier sur la question ukrainienne. Il n’en demeure pas moins que, depuis plusieurs mois, des voix dissonantes se font sentir et des personnalités en vue, des journalistes célèbres et des experts éminents s’interrogent publiquement sur le bien-fondé de la politique des États-Unis concernant la guerre en Europe.
Cette tendance s’est accélérée depuis les fuites de documents classifiés, issus du Département de la Défense (DoD) et de CIA, révélées au début d’avril. En effet, les infos qui y sont dévoilées contredisent le narratif résolument optimiste sur la situation en Ukraine que la Maison Blanche présente depuis plus d’un an. Ces rapports montrent que l’Ukraine manque d’armements, de munitions et de missiles, et que ses défenses aériennes sont en voie d’effondrement, en dépit de la fourniture, fort limitée, de systèmes occidentaux.